PSG - CESSON - Nos réglages photos
Par Toshiro Mpika3 min de lecture
Photographier un match de handball professionnel demande de composer avec trois contraintes : des joueurs extrêmement rapides, une lumière indoor parfois difficile et des actions qui ne se répètent pas. À l’occasion de PSG – Cesson, j’étais au bord du terrain avec mon boîtier. Voici les réglages que j’ai utilisés, pourquoi je les ai choisis et comment les adapter à votre propre matériel.

01 — Le défi : figer une action très rapide en intérieur
Le handball est un sport très rapide , il se joue en phase d'attaque et de défense à tour de rôle sur moitié de terrain.
En tant que photographe lors des jump shoot des joueurs il faut figer l'image tout en gardant une netteté irréprochable sur la photo.
Pour ce faire on va manipuler notre triangle d'exposition.
1 - La vitesse d'obturation
Il n’existe pas une vitesse unique valable dans toutes les situations. Personnellement, sur un match de handball, j’essaie généralement de travailler entre 1/800 s et 1/1600 s.
Le 1/800 s peut suffire sur certaines actions, tandis que je privilégie le 1/1250 s ou 1/1600 s lorsque je veux figer un saut, un tir ou une action particulièrement rapide.
Plus la vitesse d’obturation est élevée, plus je peux figer le mouvement. En contrepartie, le capteur reçoit moins de lumière : il faut donc compenser avec l’ouverture ou les ISO.
2 - Mon ouverture
L’ouverture influence à la fois la quantité de lumière qui entre dans l'objectif et la profondeur de champ.
Une grande ouverture, comme f/2.8, laisse entrer beaucoup de lumière et permet d'obtenir une profondeur de champ plus faible. C’est particulièrement intéressant pour isoler un joueur de l’arrière-plan et attirer immédiatement le regard sur lui.
À l’inverse, en fermant davantage l’objectif — par exemple f/5.6 ou f/8 — la profondeur de champ augmente : une zone plus importante de l’image peut apparaître nette.
Dans mon cas, j’utilisais un Sigma 60-600 mm f/4.5-6.3. L’ouverture maximale varie donc selon la focale utilisée. Je travaille souvent avec l’objectif aussi ouvert que possible afin de récupérer un maximum de lumière.
3 - ISO
Les ISO déterminent la sensibilité du capteur à la lumière. C’est le paramètre qui va me permettre de compenser lorsque ma vitesse est élevée et que mon ouverture ne peut plus laisser entrer davantage de lumière.
À Coubertin, j’ai par exemple travaillé régulièrement entre ISO 3200 et ISO 5000.
Évidemment, augmenter les ISO peut faire apparaître davantage de bruit numérique. Mais en photographie sportive, je préfère largement obtenir une photo nette à ISO 5000 qu’une photo floue à ISO 800.
C’est un compromis essentiel à comprendre : le mouvement raté ne se récupère pas réellement en post-production, tandis que le bruit numérique peut aujourd’hui être fortement réduit
L’équilibre entre les trois
C’est finalement là que se trouve toute la difficulté.
Si je passe de 1/800 s à 1/1600 s, je gagne en capacité à figer le mouvement, mais je perds de la lumière. Je dois alors ouvrir davantage mon objectif ou augmenter mes ISO.
Il n’existe donc pas de « réglage magique » pour photographier du sport. Le bon réglage dépend de la lumière, de votre matériel, de votre position et surtout de l'action que vous cherchez à photographier.
Sur PSG – Cesson, mes réglages ont ainsi évolué tout au long de la rencontre : 1/640 s, 1/800 s ou 1/1600 s ; ISO 3200 à 5000 ; f/4.5 à f/6.3 ; et des focales allant de 60 mm à plus de 200 mm.
Et c’est précisément ce que montrent les fiches ci-dessous : une photo, ses réglages, le matériel utilisé et le résultat obtenu.








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